LE REPLI des BANQUES LOCALES – UNE AUTRE STRATEGIE

Publié le 10 septembre 2026

NOUVELLES STRATEGIES BANCAIRES après sa FRENESIE de DEVELOPPEMENT

Le développement des banques désigne l’évolution des activités bancaires au fil du temps : leur taille, leurs services, leur rôle économique et leurs technologies. On peut distinguer plusieurs grandes étapes.

  1. Origines des banques

Les premières formes de banques apparaissent dans l’Antiquité, notamment en Mésopotamie et dans la Rome antique. Les commerçants et changeurs gardaient l’argent des clients, accordaient des prêts et facilitaient les échanges commerciaux.

Au Moyen Âge, les banques se développent surtout en Italie avec des familles comme les Médicis.

  1. Développement des banques modernes à partir du XVIIe siècle

Avec la création des banques centrales comme la Banque d’Angleterre (1694) et la Banque de France (1800), du développement du crédit et surtout l’apparition des billets de banque. Ainsi, les banques deviennent essentielles pour financer les entreprises, sécuriser l’épargne et surtout soutenir le commerce et l’industrialisation.

  1. Expansion au XIXe et XXe siècles

Avec la révolution industrielle : les banques ouvrent davantage d’agences, gèrent de plus en plus de comptes courants, créent les chèques ainsi que les virements.

Depuis la fin du XXe siècle : diverses technologies se sont développées à grande vitesse comme les cartes bancaires, les distributeurs automatiques, les applicatifs informatiques, les banques en ligne, les applications mobiles et le paiement sans contact.

  1. Rôle économique des banques

Les banques jouaient plusieurs rôles comme collecter l’épargne, accorder des crédits, faciliter les paiements, financer l’économie et créer de la monnaie par le crédit.

Le directeur local, lors de sa nomination, avait une mission de développement de ses encours d’épargne, de prêts, de services et bien entendu de rentabilité. Il avait souvent des compétences élargies tant en termes de management, que de responsabilité commerciale, que de responsabilité d’engagements, que de conditions de taux et d’application de frais et commissions.

Sa mission consistait également à contribuer pleinement à l’économie du territoire affecté voire participer à de nombreuses associations locales.

Une nouvelle stratégie bancaire locale.

 Aujourd’hui, les banques investissent dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les services numériques et depuis 2009 dans la blockchain.

« Une blockchain est une technologie informatique enregistrant des transactions, de manière partagée, distribuée ou répartie, représentant comme un grand livre distribué.

La blockchain ouverte se différencie de la technologie traditionnelle des bases de données : au lieu d’une unique base gérée par un unique propriétaire qui partage les données, dans le réseau blockchain les participants au réseau ont leur propre copie de la base : l’information est disséminée à divers participants ».

Les banques doivent faire face aussi à la concurrence des fintechs, des cyberattaques, des réglementations internationales, de la transition écologique et enfin des cryptomonnaies comme Bitcoin.

 « La fintech, ou technologie financière, désigne les applications mobiles, les logiciels et autres technologies qui permettent aux utilisateurs et aux entreprises d’accéder à leurs finances et de les gérer de manière numérique. Ce terme est également utilisé pour désigner les startups fintech, c’est-à-dire les entreprises dont l’activité principale consiste à développer et/ou à fournir des produits et services fintech. La popularisation des smartphones et autres appareils numériques a entraîné une augmentation constante des cas d’utilisation de la fintech ».

De nos jours, de nombreuses applications mobiles permettent aux particuliers de définir des objectifs financiers, de demander des prêts hypothécaires, de remplir leurs déclarations de revenus et bien plus encore.

Les banques ferment des agences dans beaucoup de villes — petites, moyennes et parfois grandes — pour plusieurs raisons qui se cumulent.

  1. Les clients utilisent moins les agences.

 La principale raison est la montée de la banque en ligne et du mobile. Beaucoup d’opérations se font désormais via des applications comme les virements, la consultation des comptes, le dépôt de chèques par photo, la signature électronique et la prise de rendez-vous à distance.

Résultat : la fréquentation physique des agences baisse fortement. Maintenir un réseau dense devient moins rentable.

  1. Les agences coûtent chères et particulièrement les distributeurs automatiques de billets.
    Une agence bancaire implique des loyers ou immobilier, du personnel, de la sécurité, de la maintenance informatique et des transports de fonds

Dans les villes où l’activité économique ralentit ou la population baisse, certaines agences deviennent déficitaires avec un coût très important pour la gestion externalisée d’un distributeur automatique d’où une suppression progressive d’un nombre certain de distributeur automatique de billets.

Sur ce sujet des distributeurs de billets de banque dont le coût de gestion est important, le réseau va connaître une profonde transformation.

Les distributeurs automatiques de billets (DAB) ne sont pas appelés à disparaître totalement en France. En revanche, leur nombre diminue régulièrement depuis plusieurs années, sous l’effet de plusieurs facteurs :

  • Le recours plus fréquent au paiement par carte, sans contact et par téléphone ;
  • La baisse des retraits d’espèces ;
  • Le coût élevé d’installation, de maintenance et d’approvisionnement des distributeurs.

Le changement le plus important est la création du réseau Cash Services.

Plusieurs grandes banques françaises BNP PARIBAS, SOCIETE GENERALE, CREDIT MUTUEL et CIC ont décidé de mutualiser une partie de leurs distributeurs. Au lieu de conserver chacune ses propres automates, elles les remplacent progressivement par des automates communs, capables d’effectuer davantage d’opérations (retraits, dépôts de billets, parfois de chèques, etc.). L’objectif affiché est de maintenir un accès aux espèces tout en réduisant les coûts.

En parallèle, le nombre total de DAB continue de reculer. Selon les données relayées par le Comité national des moyens de paiement, la France comptait environ 42 600 distributeurs fin 2024, soit une baisse de 3,5 % en un an et d’environ 15 % sur cinq ans. Malgré cette diminution, la Banque de France estime que l’accès aux espèces demeure globalement satisfaisant sur le territoire.

Le principal enjeu concerne les zones rurales ou les petites communes, où la fermeture d’un distributeur peut compliquer l’accès aux espèces. Pour y répondre, plusieurs solutions sont développées :

  • Les automates mutualisés Cash Services ;
  • Le retrait d’espèces chez certains commerçants (« cash back ») ;
  • Le maintien de points d’accès dans les communes les moins bien desservies.

La Banque Postale reste souvent l’un des derniers réseaux physiques présents dans les petites communes grâce au maillage de La Poste…mais jusqu’à quand ?

En résumé, nous ne nous dirigeons pas vers une suppression des distributeurs automatiques de billets, mais vers un réseau plus réduit, partagé entre plusieurs banques et composé d’automates plus polyvalents. Les espèces restent un moyen de paiement légal, et les pouvoirs publics comme les banques affirment vouloir préserver un accès raisonnable au liquide sur l’ensemble du territoire.

  • Fusion et concentration du secteur.

    Depuis plusieurs années, les grands groupes bancaires fusionnent des points de vente pour réduire leurs coûts. On voit ainsi des fermetures d’agences de quartier, des regroupements dans les centres-villes, des horaires réduits et davantage de conseillers à distance.
  • Société Générale – C’est souvent la banque la plus citée pour le nombre de fermeture et ce depuis la fusion avec Crédit du Nord, elle a supprimé environ 600 agences entre 2020 et 2025.
  • BNP Paribas – La banque prévoit la fermeture programmée de près de 500 agences d’ici 2030 soit un tiers de son réseau fort actuellement de 1.500 agences.
  • Crédit Agricole – Très gros réseau historique, donc beaucoup de fermetures en valeur absolue. Plusieurs caisses régionales réduisent fortement leur présence, notamment en zones rurales.
  • Dès 2017, le groupe Banque Populaire et Caisse d’épargne avait annoncé la fermeture de plus de 400 agences Banque Populaire et Caisse d’Épargne via des regroupements d’agences proches géographiquement.
  • À ce stade, Crédit Mutuel et CIC n’ont pas annoncé officiellement un nombre précis d’agences qui fermeront d’ici 2030 mais les informations les plus crédibles disponibles indiquent plutôt une réduction progressive et limitée du réseau. Le groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale (qui inclut le CIC) a déclaré en 2025 ne pas prévoir de fermer plus de 1 % de ses agences par an sur les prochaines années.

Le réseau compte environ 4 400 agences Crédit Mutuel + CIC. À ce rythme, cela représenterait environ 40 à 45 fermetures par an, soit potentiellement 180 à 220 agences fermées d’ici 2030 si la cadence reste stable.

D’autres articles évoquent une restructuration plus forte visant les petites agences de moins de 7 salariés, avec jusqu’à 25 % du réseau concerné à moyen terme, mais ce scénario n’a pas été confirmé officiellement par le groupe.

Le Crédit Mutuel et le CIC restent toutefois parmi les banques françaises les moins agressives en matière de fermetures, loin derrière BNP Paribas ou Société Générale qui ont annoncé des réductions beaucoup plus massives de leur réseau.

Globalement, le phénomène touche presque toutes les banques traditionnelles. La France a perdu plus de 3 000 agences bancaires depuis 2020, davantage que pendant la décennie précédente entière.

Quelques repères plus précis :

En 2000, les effectifs du secteur bancaire français tournaient autour de 390 000 salariés.
En 2010, ils étaient encore proches de 380 000 salariés.
En 2020, la Fédération bancaire française recensait environ 354 000 salariés dans les banques françaises.
En 2030, les effectifs pourraient se situer vers 320 000 à 345 000 salariés soit une perte potentielle de 30 000 à 55 000 emplois sur la décennie.

 

4 – Rentabilité plus faible en zones rurales.

Dans certaines petites villes, la fréquentation baisse fortement, ce qui pousse les banques à fermer ou mutualiser des points de service.

La fermeture des agences bancaires locales s’explique surtout par une combinaison de facteurs économiques, technologiques et réglementaires comme le départ des commerces, la baisse de population, la concentration des services dans les métropoles sans oublier le recul des services publics. Dans les faits, les banques suivent souvent l’activité économique locale.

  1. Nouvelles habitudes des clients+ pression concurrentielle.

Les banques en ligne et néo-banques proposent souvent des services moins chers. Les jeunes générations utilisent davantage lesdites banques en ligne et les paiements mobiles mise en place par Revolut, N26 ou Boursorama. Ces acteurs fonctionnent avec très peu ou aucune agence physique, ce qui pousse les banques traditionnelles à s’adapter.

UNE PRESENCE MOINDRE.

Cette situation de recul de la présence bancaire, entamée depuis quelques années et qui n’est pas près de cesser, crée plusieurs obstacles ou difficultés comme l’accès :

  1. Au cash plus compliqué avec la disparition tant des guichets que des distributeurs de billets,
  2. Aux conseils bancaires de proximité tant pour les particuliers que les petits artisans et petits commerçants.
  3. Aux difficultés et à l’isolement des personnes âgées ou peu à l’aise avec le numérique,
  4. À l’impact négatif sur l’activité des centres-bourgs votre centres-villes qui donne ce phénomène d’abandon territorial.

Pour remplacer partiellement les agences, on voit apparaître des conseillers en visioconférence, des relais dans les bureaux de poste voire bureaux de tabacs, des agences partagées ou des camions bancaires itinérants dans certaines régions.

Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large touchant, certes, les banques commerciales mais aussi les services publics et certaines administrations en France. C’est le cas de la disparition de plusieurs comptoirs de la BANQUE de FRANCE du fait de plusieurs facteurs économiques, technologiques et organisationnels.

  1. La numérisation des services bancaires     
    De plus en plus d’opérations se font en ligne : consultation de comptes, paiements, dossiers de surendettement, statistiques économiques, etc. Cela réduit le besoin d’un réseau physique dense.
  2. La baisse de l’utilisation du cash et des guichets   
    Les particuliers utilisent davantage les cartes, virements et paiements mobiles. Les missions historiques liées à la circulation des billets nécessitent donc moins de sites locaux.
  3. La réduction des coûts publics        
    Comme beaucoup d’institutions publiques, la Banque de France cherche à rationaliser ses dépenses : entretien des bâtiments, personnel, sécurité, logistique. Fermer ou regrouper certaines succursales permet de diminuer les coûts.
  4. La réorganisation territoriale          
    Depuis les années 2000, plusieurs réformes ont conduit à concentrer les activités dans des pôles régionaux plus grands, avec spécialisation des sites (traitement du surendettement, entreprises, fiduciaire, etc.).
  5. L’évolution des missions de la Banque de France  
    Une partie des décisions monétaires est désormais prise au niveau de la Banque centrale européenne, ce qui a transformé le rôle opérationnel local de la Banque de France.
  6. Maintien d’une présence minimale
    Malgré ce recul, l’institution conserve des points d’accueil départementaux pour certaines missions essentielles : accompagnement des particuliers en difficulté financière, médiation du crédit, information économique des entreprises.

LES FINANCEMENTS OCTROYES PAR LES BANQUES COMMERCIALES – UN CŒUR DE METIER pour faire vivre l’économie.

Les banques financent encore les investissements, mais elles sont devenues beaucoup plus sélectives qu’avant. Plusieurs facteurs se cumulent :

  1. Les taux d’intérêt ont fortement augmenté.

Quand les banques centrales ont remonté leurs taux pour lutter contre l’inflation, le coût de l’argent a explosé avec pour conséquences des mensualités plus lourdes qui fragilisent beaucoup de projets qui deviennent plus rentables.

Les banques prennent moins de risques car le risque de défaut augmente. C’est particulièrement visible dans l’immobilier, les projets d’entreprise à faible marge et enfin les investissements long terme.

  1. Les règles bancaires sont plus strictes.

Depuis la crise financière de 2008 et la crise des dettes européennes, les régulateurs ont imposé davantage de contraintes aux banques dénommée Bâle III comme l’obligation de détenir plus de capital, des contrôles plus sévères du risque, la limitation des prêts jugés fragiles.

En pratique, une banque préfère parfois acheter des obligations d’État, placer sa trésorerie, financer des clients très solides plutôt que de prendre des risques sur des projets incertains.

  1. L’économie est plus incertaine.

Les banques détestent l’incertitude.

Aujourd’hui elles voient une inflation encore instable, un ralentissement économique, des tensions géopolitiques, des hausses des faillites dans certains secteurs voire des pans industriels et commerciaux qui disparaissent, un immobilier fragilisé, le tout dans un climat social incertain.

Donc elles exigent plus d’apport, plus de garanties, une rentabilité démontrée et un historique financier solide. Même si tous les paramètres sont remplis, même un bon dossier peut être refusé si le secteur est considéré “à risque”.

La banque d’aujourd’hui par rapport à la banque d’hier, son absence totale pour l’accompagnement de l’économie en général voire industrielle.

C’est une impression largement partagée par de nombreux dirigeants de PME, artisans et industriels, mais la réalité est plus nuancée. Les banques commerciales financent toujours l’économie locale, mais leur manière de le faire a profondément changé. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi elles semblent moins accompagner l’industrie.

1 – Le profil de risque de l’industrie a évolué

Les entreprises industrielles ont souvent besoin :

  • D’investissements importants en machines et bâtiments ;
  • De financements à long terme ;
  • D’une rentabilité qui peut mettre plusieurs années à se concrétiser.

Pour une banque, ces prêts mobilisent du capital pendant longtemps et présentent davantage de risques qu’un crédit immobilier ou qu’un prêt à une entreprise de services.

2 – Les réglementations bancaires sont devenues plus strictes.

Après la Crise financière de 2008, les règles prudentielles (notamment les accords de Bâle III) ont conduit les banques à :

  • Détenir davantage de fonds propres ;
  • Mieux mesurer les risques ;
  • Limiter certaines expositions.

Les crédits jugés plus risqués deviennent donc plus coûteux pour elles.

3 – Les activités financières sont souvent plus rentables.

Les banques tirent aujourd’hui une part importante de leurs revenus de :

  • La gestion d’actifs ;
  • L’assurance ;
  • Les services de paiement ;
  • Les commissions ;
  • Les activités de marché pour les grands groupes.

Ces activités peuvent offrir un meilleur rendement qu’un prêt classique à une PME industrielle.

4 – L’industrie s’est transformée.

Dans beaucoup de pays européens, dont la France, le poids de l’industrie dans le PIB a diminué au profit des services. Les banques suivent naturellement la structure de l’économie : elles prêtent davantage aux secteurs les plus nombreux et les plus dynamiques.

5 – Les décisions sont davantage centralisées.

Autrefois, le directeur d’agence connaissait souvent personnellement les entrepreneurs locaux et disposait d’une plus grande marge de décision et son pouvoir décisionnel lui permettait d’accompagner un besoin.

Aujourd’hui :

  • Les décisions sont largement fondées sur des modèles de notation ;
  • Les dossiers sont souvent analysés dans des centres spécialisés ;
  • Les critères sont plus standardisés.

Cela peut donner le sentiment que les spécificités d’un projet industriel local sont moins bien prises en compte.

6 – De nouveaux acteurs complètent le financement

Le financement industriel ne repose plus uniquement sur les banques. On trouve désormais :

  • Bpifrance pour les garanties et les prêts ;
  • Les fonds d’investissement ;
  • Le capital-investissement ;
  • Le financement participatif ;
  • Les aides publiques nationales et régionales.

Les banques interviennent souvent aux côtés de ces acteurs plutôt qu’en financeur unique.

Les banques ont-elles abandonné leur rôle ?

Pas nécessairement. Elles continuent de financer une grande partie de l’économie réelle, notamment les PME, les collectivités et les ménages.

En revanche, leur rôle est devenu plus encadré, plus sélectif et davantage orienté par des contraintes réglementaires et financières.

La critique formulée par certains économistes est que ce changement peut conduire à un sous-financement de projets industriels innovants ou de long terme, alors que ces investissements sont importants pour la productivité, l’emploi et la souveraineté économique.

À l’inverse, les défenseurs du modèle actuel soulignent qu’une prise de risque excessive par les banques a contribué à la crise de 2008 et que des règles plus strictes renforcent la stabilité du système financier.

En résumé, l’impression que les banques commerciales accompagnent moins l’économie industrielle locale résulte d’un ensemble de facteurs : évolution de la réglementation, arbitrage économique entre risque et rentabilité, transformation de la structure de l’économie et diversification des sources de financement. Il s’agit moins d’un retrait complet que d’une modification profonde de leur rôle dans le financement de l’industrie.

 

Articles dans la même catégorie :